En grand amateur des Breitling vintages, un modèle pour lequel j’ai beaucoup d’attachement est la première génération du CHRONOMAT (ref 769), premier chronographe doté d’une règle à calcul.
Il représente pour moi un subtil mélange d'élégance et de technicité et est un bel exemple du savoir faire de Breitling pour proposer des montres aux cadrans chargés sans pour autant perdre en élégance et lisibilité... Une prouesse qui n'est malheureusement plus toujours d'actualité aujourd'hui...
Avant de présenter plus en détails ce modèle, revenons brièvement sur l’histoire croisée entre la règle à calcul et l’horlogerie (de poignet).
Qu’est-ce qu’une règle à calcul ?
Semble-t-il inventée en 1622 par le révérend anglican William Oughtred, une règle à calcul est un outil permettant d’effectuer des calculs plus ou moins compliqués (multiplication, logarithme, racine…) par juxtaposition de 2 échelles logarithmiques l’une par rapport à l’autre.
Initialement sous forme longitudinale, elle évolue rapidement en forme circulaire, d’abord sous forme d’un rouleau puis sous la forme d’une montre de poche, sans pour autant être associée à une indication horaire.
Initialement plutôt destinée aux scientifiques, la règle de calcul va se démocratiser à l'aube et au cours de la 1ère Guerre Mondiale.
Elle sera en effet alors largement employée dans les cockpits d'avions, pour la navigation maritime, les calculs militaires etc...
C’est dans ce contexte là que 3 manufactures horlogères suisse (MIMO, BREITLING et JUVENIA), vont avoir la brillante idée d'adapter la règle de calcul à une montre de poignet
La MIMO LOGA : Première montre de poignet avec règle à calcul ?
La fabrique de montres MIMO (Manufacture International des Montres Or) présente en 1941 un modèle de montre 3 aiguilles avec règle à calcul intégrée au moyen d'une double échelle, l'une fixe sur le cadran, l'autre rotative.
Le brevet de la MIMO porte le numéro 216 202 qui date l’invention du 27/07/1940.
Il est cependant intéressant de noter que deux brevets (le 189 447 – 04/06/1936 par HOMIS Watch Co à Bienne) et le 204 559 – 25/04/1938 par Walter Moser à Berne) présentent déjà le principe d’intégration d’une règle à calcul circulaire dans une montre de poignet.
Bien que l'invention ne semble pas revenir à MIMO, la LOGA sera quand même la première montre à de poignet avec règle de calcul à être réellement produite.
La MIMO LOGA sera également proposée sous la marque Girard Perregaux, cette dernière ayant été rachetée en 1928 par Otto Graef, le propriétaire de MIMO. Je n'ai cependant pas trouvé de photos d'une éventuelle Girard Perregaux LOGA et suis très curieux si quelqu'un en possède une !
BREITLING et le CHRONOMAT ref 769 :
Alors que MIMO dépose son brevet en Juillet 1940, Breitling dépose le sien quelques semaines plus tard, en Août 1940 sous le numéro 217 012.
Ce dernier présente cette fois la particularité d’avoir un sens de lecture antihoraire sur la lunette rotative, à la différence de la MIMO qui avait une lecture horaire pour les 2 échelles.
De plus, la montre proposée par Breitling en 1941 est cette fois un chronographe ce qui en fait le premier chronographe de poignet à règle à calcul.
Il est intéressant de noter que sur la première publicité présentant le CHRONOMAT, un numéro de brevet est indiqué sur le cadran. Cependant ce dernier ne correspond pas au numéro du brevet Breitling qui sera présent sur les modèles de production (217 012)…
La JUVENIA ARITHMO :
JUVENIA est la 3ème maison suisse à lancer une montre bracelet avec règle à calcul, cette fois en 1945 : l’ARITHMO.
L’ARITHMO sera produite principalement en deux versions :
- Une version avec fond vissé, dite "Hermetic", avec une lunette rotative en acier
- Une version avec fond clipsé qui a la particularité d'avoir un verre assez extraordinaire, dit "Refrascope", car il incorpore une loupe circulaire sur tout le pourtour, afin d’amplifier la visibilité de la lunette qui est cette fois lisse
A noter que les tous premiers modèles d’ARITHMO ne sont pas signés ARITHMO sur le cadran.
L’ARITHMO sera produite dans un certain nombre de variante, et recevra même dans les années 50 un mouvement automatique à bumper.
Maintenant que cette petite introduction est faite, passons à cette fameuse Breitling CHRONOMAT et en particulier à la première référence.
La Breitling CHRONOMAT ref 769 :
Malgré une première apparition sur une publicité datant de 1941, il semble communément admis que la Chronomat apparaît officiellement en 1942, sous la référence interne 769.
Comme nous le voyons sur la publicité ci-dessus, le chronomat est présenté comme a montre idéale pour les calculs tant sportifs qu'économiques.
Elle va alors être proposée sous différentes versions, plus ou moins luxueuses, dont voici les principales caractéristiques :
Le cadran :
Le cadran de la première génération de Chronomat ref769 présente des chiffres arabes, appliqués, peints ou luminescents ainsi qu'une échelle télémétrique rouge graduée jusqu'à 100.
Le numéro de brevet 217012 précédé de la croix suisse est inscrit de manière horizontale au sein du cercle télémétrique.
Le cadran est systématiquement signé Breitling Chronomat (avec une police bien particulière), sans logo B ni mention Genève. Ceci apparaîtra plus tard, tout comme le numéro de brevet écrit de manière incurvée, sur la seconde génération de Chronomat 769.
Egalement, une flèche rouge est présente entre 5hr et 6hr. A noter que les tout premiers Chronomat (à priori de 1942) n'en possèdent pas donc rien d'alarmant si celle-ci manque sur un modèle au numéro de série primitif !
Il est d'ailleurs intéressant de noter que les publicités ci-dessus présentent un modèle sans flèche.
Le cadran possède également deux sous-compteurs, un totaliseur 45min à 3hr et un compteur des secondes à 9hr.
Tout comme pour la flèche entre 5hr et 6hr, il semble que les tout premiers modèles n'aient pas d'excroissances à 3, 6 et 9 minutes sur le totaliseur minute (également absent des publicités ci-dessus).
Le boitier et la lunette:
D'un diamètre de 36mm, le boitier sera proposé en 4 versions : métal chromé, plaqué or, acier et or rose.
Je n'ai pour ma part jamais vu de modèle en métal chromé. Bien que présenté sur des catalogues Breitling après 1946, il semblerait qu'aucun modèle au numéro de série post-1946 n'ait fait surface pour le moment. Dans tous les cas, cela en fait une version du boitier très rare.
La particularité du Chromomat réside bien entendu dans sa lunette rotative à la lecture anti-horaire, propre du brevet 217 012.
Sur les modèles en acier, la lunette rotative est montée en force.
Sur les modèles en or rose, elle est cette fois maintenue au moyen de 3 vis.
Je ne crois pas avoir déjà vu de modèle acier avec une lunette maintenue par des vis.
Autres différences entre le boitier acier et le boitier or : les cornes du boitier acier sont percées et pas celles du boitier or.
Une particularité du boitier or, du moins celui fabriqué par la maison CARNAL & Cie, est ce petit ergo présent sur le fond de boite :
Les aiguilles :
Témoin de la richesse et de la cohérence des productions Breitling, et plus généralement des manufactures horlogères dans les années 40, plusieurs styles d'aiguilles ont été employées, selon le métal du boitier et le type de cadran.
Comme souvent, nous retrouvons une logique entre le métal des aiguilles et celui du boitier.
De même, un cadran avec des chiffres luminescents aura des aiguilles de type seringue luminescentes, tandis qu'une cadran peint ou avec des chiffres appliqués aura des aiguilles bâton (or ou acier bleui).
Un modèle particulier d'aiguille est également disponible mais à ma connaissance uniquement associé à la version de cadran (dite C) présentée sur l'extrait du catalogue Breitling ci-dessous :
Le mouvement :
Il s'agit du calibre Venus 175.
Différentes niveaux de finition (notamment cotes de Genève) ont été observés selon les variantes.
Egalement, différentes signature du pont sont possibles : une absence totale de signature pour les premières références et une signature Breitling à partir de 1945/1946. La mention "Premier" peut même être rencontré sur les mouvements équipant les versions or.
A noter que nombre de mouvements produits avant 1945 ne seront emboîtés que quelques années plus tard. Il n'est donc pas rare de trouver des Chronomat avec un boiter datant d'après 1945/1946 mais équipés d'un Venus 175 non signé, à priori d'une production pré-1945.
Nous pouvons également noter que l'intérieur du fond des boites en or massif est frappé de la tête Helvetia, de la mention 18K / 0,750 ainsi que d'un poinçon relatif au fabriquant de boite, ici 167 dans une tête de marteau qui désigne la maison CARNAL & Cie.
Les différentes versions du Chronomat 769 première génération :
Cette première génération de Chronomat sera proposée dans une multitude de combinaisons cadran/boitier.
Les principales versions du cadran sont illustrées ci-dessous sur cet extrait du catalogue de 1946 :
Cadran A : cadran 100% blanc
Boitier acier / Chiffres luminescents / Aiguilles seringues luminescentes :
A ma connaissance, il s'agit de la seule version du cadran A disponible avec le boitier acier.
Boitier or / Chiffres luminescents / Aiguilles seringues luminescentes :
Boitier or / Chiffres appliqués / Aiguilles bâton or :
Boitier or / Chiffres peints / Aiguilles bâton or :
Cadran B : Cadran blanc avec un anneau noir (très rare)
Boitier or / Chiffres peints / Aiguilles bâton en acier bleui (exception à la règle du même métal boitier/aiguilles) :
Le cadran de cette version avec boitier or n'est pas blanc mais champagne.
Boitier acier / Chiffres peints / Aiguilles bâton en acier bleui :
Sur la version acier, le cadran est bien blanc.
Cadran C : Cadran noir
Boitier acier / chiffres luminescents / aiguilles seringues luminescentes :
Boitier or / chiffres luminescents / aguilles seringues luminescentes :
Boitier or / Chiffres luminescents / Aiguilles or (rare version identique à celle du catalogue de 1946) :
Il est intéressant de noter les différences au niveau de la taille de chiffres du cadran sur ces versions du cadran C (visible notamment à la taille du 10)
Les versions particulières sur base de chronomat 769 :
Deux modèles très particuliers (et extrêmement rare!!) ont également été produits sur base du chronomat 769 :
- Une version à 3 compteurs : la ref 786
- Une version à 3 compteurs et phase de lune :
Les générations suivantes de chronomat.
A la fin des années 40, le cadran évolue :
- Le numéro de brevet est désormais inscrit de manière incurvée
- Le logo B appliqué fait son apparition à 12hr et la police du nom Breitling est différente
- Le cadran ne présente désormais plus de chiffres arabes mais des indexes appliqués
En 1953, la mention Genève sera ajouté sur la signature Breitling.
Enfin, en 1958, le Chronomat est profondément modifié avec la disparition de la référence 769 au profit de la référence 808 :
- disparition du télémètre rouge
- poussoirs ronds
- numéro de brevet non plus sur le cadran mais frappé sur le fond de boite
- lunettes dans un premier temps perlées (jusqu'en 1962) puis de nouveau avec une "cannelure"
La version que je préfère personnellement reste la première génération du 769, avec les chiffres arabes et le télémètre rouge que je trouve particulièrement attractif et caractéristique des chronos de cette époque.
Bien que je préfère globalement les chronos avec poussoirs ronds, et idéalement étanches, je trouve le Chronomat très attachant, avec toutes ses variantes. Il représente pour moi un témoignage d'un période où l'homme mettait en œuvre sa créativité pour produire des objets à la fois utiles et élégants.
Merci de m'avoir lu et en espérant vous avoir transmis mon affection pour ce petit chronographe plein de charme!
Nicolas
Il représente pour moi un subtil mélange d'élégance et de technicité et est un bel exemple du savoir faire de Breitling pour proposer des montres aux cadrans chargés sans pour autant perdre en élégance et lisibilité... Une prouesse qui n'est malheureusement plus toujours d'actualité aujourd'hui...
Avant de présenter plus en détails ce modèle, revenons brièvement sur l’histoire croisée entre la règle à calcul et l’horlogerie (de poignet).
Qu’est-ce qu’une règle à calcul ?
Semble-t-il inventée en 1622 par le révérend anglican William Oughtred, une règle à calcul est un outil permettant d’effectuer des calculs plus ou moins compliqués (multiplication, logarithme, racine…) par juxtaposition de 2 échelles logarithmiques l’une par rapport à l’autre.
Initialement sous forme longitudinale, elle évolue rapidement en forme circulaire, d’abord sous forme d’un rouleau puis sous la forme d’une montre de poche, sans pour autant être associée à une indication horaire.
Initialement plutôt destinée aux scientifiques, la règle de calcul va se démocratiser à l'aube et au cours de la 1ère Guerre Mondiale.
Elle sera en effet alors largement employée dans les cockpits d'avions, pour la navigation maritime, les calculs militaires etc...
C’est dans ce contexte là que 3 manufactures horlogères suisse (MIMO, BREITLING et JUVENIA), vont avoir la brillante idée d'adapter la règle de calcul à une montre de poignet
La MIMO LOGA : Première montre de poignet avec règle à calcul ?
La fabrique de montres MIMO (Manufacture International des Montres Or) présente en 1941 un modèle de montre 3 aiguilles avec règle à calcul intégrée au moyen d'une double échelle, l'une fixe sur le cadran, l'autre rotative.
Le brevet de la MIMO porte le numéro 216 202 qui date l’invention du 27/07/1940.
Il est cependant intéressant de noter que deux brevets (le 189 447 – 04/06/1936 par HOMIS Watch Co à Bienne) et le 204 559 – 25/04/1938 par Walter Moser à Berne) présentent déjà le principe d’intégration d’une règle à calcul circulaire dans une montre de poignet.
Bien que l'invention ne semble pas revenir à MIMO, la LOGA sera quand même la première montre à de poignet avec règle de calcul à être réellement produite.
La MIMO LOGA sera également proposée sous la marque Girard Perregaux, cette dernière ayant été rachetée en 1928 par Otto Graef, le propriétaire de MIMO. Je n'ai cependant pas trouvé de photos d'une éventuelle Girard Perregaux LOGA et suis très curieux si quelqu'un en possède une !
BREITLING et le CHRONOMAT ref 769 :
Alors que MIMO dépose son brevet en Juillet 1940, Breitling dépose le sien quelques semaines plus tard, en Août 1940 sous le numéro 217 012.
Ce dernier présente cette fois la particularité d’avoir un sens de lecture antihoraire sur la lunette rotative, à la différence de la MIMO qui avait une lecture horaire pour les 2 échelles.
De plus, la montre proposée par Breitling en 1941 est cette fois un chronographe ce qui en fait le premier chronographe de poignet à règle à calcul.
Il est intéressant de noter que sur la première publicité présentant le CHRONOMAT, un numéro de brevet est indiqué sur le cadran. Cependant ce dernier ne correspond pas au numéro du brevet Breitling qui sera présent sur les modèles de production (217 012)…
Première apparition publicitaire de la Chronomat datant de 1941
Source : http://www.invenitetfecit.com/modeles/page-breitlingchronomat2.html
Source : http://www.invenitetfecit.com/modeles/page-breitlingchronomat2.html
La JUVENIA ARITHMO :
JUVENIA est la 3ème maison suisse à lancer une montre bracelet avec règle à calcul, cette fois en 1945 : l’ARITHMO.
L’ARITHMO sera produite principalement en deux versions :
- Une version avec fond vissé, dite "Hermetic", avec une lunette rotative en acier
Source : Menta Watches
- Une version avec fond clipsé qui a la particularité d'avoir un verre assez extraordinaire, dit "Refrascope", car il incorpore une loupe circulaire sur tout le pourtour, afin d’amplifier la visibilité de la lunette qui est cette fois lisse
Source : Amsterdam Vintage Watches
A noter que les tous premiers modèles d’ARITHMO ne sont pas signés ARITHMO sur le cadran.
L’ARITHMO sera produite dans un certain nombre de variante, et recevra même dans les années 50 un mouvement automatique à bumper.
Maintenant que cette petite introduction est faite, passons à cette fameuse Breitling CHRONOMAT et en particulier à la première référence.
La Breitling CHRONOMAT ref 769 :
Malgré une première apparition sur une publicité datant de 1941, il semble communément admis que la Chronomat apparaît officiellement en 1942, sous la référence interne 769.
Comme nous le voyons sur la publicité ci-dessus, le chronomat est présenté comme a montre idéale pour les calculs tant sportifs qu'économiques.
Elle va alors être proposée sous différentes versions, plus ou moins luxueuses, dont voici les principales caractéristiques :
Le cadran :
Le cadran de la première génération de Chronomat ref769 présente des chiffres arabes, appliqués, peints ou luminescents ainsi qu'une échelle télémétrique rouge graduée jusqu'à 100.
Le numéro de brevet 217012 précédé de la croix suisse est inscrit de manière horizontale au sein du cercle télémétrique.
Le cadran est systématiquement signé Breitling Chronomat (avec une police bien particulière), sans logo B ni mention Genève. Ceci apparaîtra plus tard, tout comme le numéro de brevet écrit de manière incurvée, sur la seconde génération de Chronomat 769.
Egalement, une flèche rouge est présente entre 5hr et 6hr. A noter que les tout premiers Chronomat (à priori de 1942) n'en possèdent pas donc rien d'alarmant si celle-ci manque sur un modèle au numéro de série primitif !
Il est d'ailleurs intéressant de noter que les publicités ci-dessus présentent un modèle sans flèche.
Le cadran possède également deux sous-compteurs, un totaliseur 45min à 3hr et un compteur des secondes à 9hr.
Tout comme pour la flèche entre 5hr et 6hr, il semble que les tout premiers modèles n'aient pas d'excroissances à 3, 6 et 9 minutes sur le totaliseur minute (également absent des publicités ci-dessus).
Le boitier et la lunette:
D'un diamètre de 36mm, le boitier sera proposé en 4 versions : métal chromé, plaqué or, acier et or rose.
Je n'ai pour ma part jamais vu de modèle en métal chromé. Bien que présenté sur des catalogues Breitling après 1946, il semblerait qu'aucun modèle au numéro de série post-1946 n'ait fait surface pour le moment. Dans tous les cas, cela en fait une version du boitier très rare.
La particularité du Chromomat réside bien entendu dans sa lunette rotative à la lecture anti-horaire, propre du brevet 217 012.
Sur les modèles en acier, la lunette rotative est montée en force.
Boitier acier avec lunette montée en force
Sur les modèles en or rose, elle est cette fois maintenue au moyen de 3 vis.
Boitier or avec lunette maintenue par 3 micro-vis
Je ne crois pas avoir déjà vu de modèle acier avec une lunette maintenue par des vis.
Autres différences entre le boitier acier et le boitier or : les cornes du boitier acier sont percées et pas celles du boitier or.
Une particularité du boitier or, du moins celui fabriqué par la maison CARNAL & Cie, est ce petit ergo présent sur le fond de boite :
Détail de fond de boite d'un boitier en or fabriqué par CARNAL & Cie
Les aiguilles :
Témoin de la richesse et de la cohérence des productions Breitling, et plus généralement des manufactures horlogères dans les années 40, plusieurs styles d'aiguilles ont été employées, selon le métal du boitier et le type de cadran.
Comme souvent, nous retrouvons une logique entre le métal des aiguilles et celui du boitier.
De même, un cadran avec des chiffres luminescents aura des aiguilles de type seringue luminescentes, tandis qu'une cadran peint ou avec des chiffres appliqués aura des aiguilles bâton (or ou acier bleui).
Version avec cadran luminescent et aiguilles seringues luminescentes
Un modèle particulier d'aiguille est également disponible mais à ma connaissance uniquement associé à la version de cadran (dite C) présentée sur l'extrait du catalogue Breitling ci-dessous :
Le mouvement :
Il s'agit du calibre Venus 175.
Différentes niveaux de finition (notamment cotes de Genève) ont été observés selon les variantes.
Egalement, différentes signature du pont sont possibles : une absence totale de signature pour les premières références et une signature Breitling à partir de 1945/1946. La mention "Premier" peut même être rencontré sur les mouvements équipant les versions or.
A noter que nombre de mouvements produits avant 1945 ne seront emboîtés que quelques années plus tard. Il n'est donc pas rare de trouver des Chronomat avec un boiter datant d'après 1945/1946 mais équipés d'un Venus 175 non signé, à priori d'une production pré-1945.
Nous pouvons également noter que l'intérieur du fond des boites en or massif est frappé de la tête Helvetia, de la mention 18K / 0,750 ainsi que d'un poinçon relatif au fabriquant de boite, ici 167 dans une tête de marteau qui désigne la maison CARNAL & Cie.
Les différentes versions du Chronomat 769 première génération :
Cette première génération de Chronomat sera proposée dans une multitude de combinaisons cadran/boitier.
Les principales versions du cadran sont illustrées ci-dessous sur cet extrait du catalogue de 1946 :
Cadran A : cadran 100% blanc
Boitier acier / Chiffres luminescents / Aiguilles seringues luminescentes :
A ma connaissance, il s'agit de la seule version du cadran A disponible avec le boitier acier.
Boitier or / Chiffres luminescents / Aiguilles seringues luminescentes :
Source : @watchfred
Boitier or / Chiffres appliqués / Aiguilles bâton or :
Boitier or / Chiffres peints / Aiguilles bâton or :
Cadran B : Cadran blanc avec un anneau noir (très rare)
Boitier or / Chiffres peints / Aiguilles bâton en acier bleui (exception à la règle du même métal boitier/aiguilles) :
Le cadran de cette version avec boitier or n'est pas blanc mais champagne.
Boitier acier / Chiffres peints / Aiguilles bâton en acier bleui :
Sur la version acier, le cadran est bien blanc.
Cadran C : Cadran noir
Boitier acier / chiffres luminescents / aiguilles seringues luminescentes :
Source : @LouS
Boitier or / chiffres luminescents / aguilles seringues luminescentes :
Boitier or / Chiffres luminescents / Aiguilles or (rare version identique à celle du catalogue de 1946) :
Source : @trucker359
Il est intéressant de noter les différences au niveau de la taille de chiffres du cadran sur ces versions du cadran C (visible notamment à la taille du 10)
Les versions particulières sur base de chronomat 769 :
Deux modèles très particuliers (et extrêmement rare!!) ont également été produits sur base du chronomat 769 :
- Une version à 3 compteurs : la ref 786
- Une version à 3 compteurs et phase de lune :
Les générations suivantes de chronomat.
A la fin des années 40, le cadran évolue :
- Le numéro de brevet est désormais inscrit de manière incurvée
- Le logo B appliqué fait son apparition à 12hr et la police du nom Breitling est différente
- Le cadran ne présente désormais plus de chiffres arabes mais des indexes appliqués
En 1953, la mention Genève sera ajouté sur la signature Breitling.
Source : @watchfred
Enfin, en 1958, le Chronomat est profondément modifié avec la disparition de la référence 769 au profit de la référence 808 :
- disparition du télémètre rouge
- poussoirs ronds
- numéro de brevet non plus sur le cadran mais frappé sur le fond de boite
- lunettes dans un premier temps perlées (jusqu'en 1962) puis de nouveau avec une "cannelure"
La version que je préfère personnellement reste la première génération du 769, avec les chiffres arabes et le télémètre rouge que je trouve particulièrement attractif et caractéristique des chronos de cette époque.
Bien que je préfère globalement les chronos avec poussoirs ronds, et idéalement étanches, je trouve le Chronomat très attachant, avec toutes ses variantes. Il représente pour moi un témoignage d'un période où l'homme mettait en œuvre sa créativité pour produire des objets à la fois utiles et élégants.
Merci de m'avoir lu et en espérant vous avoir transmis mon affection pour ce petit chronographe plein de charme!
Nicolas